Nicolas Sarkozy, quatre mois d’hyper-présidence

Publié le par Air

Le 18 septembre, lors d’une conférence organisé à l’Université de Montréal, le sociologue, Dominique Wolton prend Nicolas Sarkozy comme objet d’analyse. Avec pédagogie et humour, il consacre une heure à nous faire réfléchir sur le phénomène Sarkozy et sur son hyperprésence dans les médias.

«  Nicolas Sarkozy est une énigme ».
Combien de temps va durer la bienveillance dont bénéficie le nouveau le président de la République Française de la part des médias en France  ? Selon Dominique Wolton, cette façon de présider est inédite, il est donc difficile de répondre à cette question. Nous pouvons toutefois exposer certains faits.

Nicolas Sarkozy bénéficie d’une exceptionnelle cote de confiance de la part de l’opinion française  ( 57 % NDLR).

Nicolas Sarkozy se présente comme l’homme de la rupture.
Selon Dominique Wolton, Nicolas Sarkozy a réussi à « faire croire qu’il est l’homme de la rupture », alors qu’il est l’homme de la continuité. Plus de 50% des députés de la majorité actuelle sont des députés qui ont été reconduits à leur poste . Sur le thème de la rupture, Nicolas Sarkozy a bénéficié de l’absence de réelle contre argumentation de la part du parti socialiste.

Nicolas Sarkozy a promis des réformes
Dominique Wolton fait l’inventaire des réformes qui ont été promises par le candidat Sarkozy et qui, de fait, sont à l’agenda du gouvernement : la réforme de l’État, la réduction du bouclier fiscal, l’abrogation de l’Impôt Sur la fortune (ISF), le« Grenel » de l’environnement, l’autonomie des Universités, la réforme des régimes spéciaux de retraites, etc…

files.jpegLes éléments en la faveur de Nicolas Sarkozy
Le programme politique est ambitieux. Après quatre mois de présidence du chef de l’État français, on ne peut pas lui faire le reproche de l’inaction. Nicolas Sarkozy est actuellement dans une « logique de concertation et de table ronde ».

Nicolas Sarkozy préside de façon assez originale et trouble le jeu politique. Il a débauché 14 personnalités de gauche afin de lui remettre des rapports. « On crédite donc le Président de faire bouger la gauche ». Ainsi, les partis de gauche et de droite lui en veulent. Il tient un discours de droite mais fait appel à des personnalités de gauche au sein de son gouvernement.

Nicolas Sarkozy contrôle les médias. Il s’agit d’une présidence « hypermédiatisée ». Cette hypermédiatisation se combine avec une personnalité hyperactive. Nicolas Sarkozy, éclipse son équipe gouvernementale. Il préside « à l’américaine » et de façon informelle.

Contrairement à ses prédécesseurs, c’est un président décontracté, jeune et beau. Il efface la frontière entre vie publique et vie privée. Dominique Wolton parle de la façon dont le Nicolas Sarkozy autorise les médias à entrer dans sa vie privée. Il évoque la diffusion des images de ses séances de jogging et la mise en spectacle de sa famille et particulièrement sa femme, Cécilia.

Logique médiatique et agenda politique, deux logiques en opposition :
Nicolas Sarkozy est confronté à deux logiques qui s’opposent. Tout d’abord, il y a la logique médiatique, événementielle et court-termiste. La transparence et la vitesse sont faites d’effets d’annonces et apparitions spectaculaires. Deuxièmement, il y a la logique politique : le calendrier politique privilégie le silence. Les prises de décisions résultent d’un processus long qui demande de la discrétion .

Les relations internationales
Nicolas Sarkozy peut-il appliquer cette façon de faire à l’international ? Il peine à nous en convaincre. Si Nicolas Sarkozy réussis à brouiller le jeu politique au niveau national, il se heurte au protocole. Le discours de Dakar  a été très mal perçu de la part des pays africains. Que reste-t-il de son passage éclair dans les pays du Maghreb ? Nicolas Sarkozy se heurte à ses choix en matière d’immigration. Le concept d’immigration choisie est intenable vis-à-vis de ses interlocuteurs. Enfin, la position du gouvernement français vis-à-vis de l’Iran, s’alignant sur la position des Etats-Unis, remet en cause la politique qui a été longtemps menée par la France au Moyen-Orient.

Alors combien de temps va durer la bienveillance dont bénéficie Nicolas Sarkozy de la part des médias ? Pour Dominique Wolton, le temps de la crédibilité est sans doute la réponse à cette énigme sarkozienne. wolton-dominique2-hd.jpg

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